Pépite N° 30  Octobre 1997

SORTIE A REALMONT

Sur invitation de Pierre DI CATO

 

Voyage aller

Alors que le soleil se couche doucement sur la ville , les sept mercenaires du club minéralogique de Cernay se retrouvent comme prévu à 21h au hall de départ de la gare de Mulhouse. Encore une petite demie heure de patience et l'aventure à destination de Réalmont pourra commencer.

La première partie du voyage qui doit nous amener à Narbonne se déroule sans problème ou presque. En effet, il nous sera presque impossible de fermer l'oeil de la nuit, tant les ronflement de certains passagers sont gênants. Et ce ne sont ni les sifflements d'Éric et de moi même qui y changeront quoi que ce soit.

 Arrivés en gare de Narbonne à 6h53, nous profitons d'une petite heure de répit avant la prochaine correspondance afin de prendre un petit déjeuner. C'est aussi là que nous comprenons pourquoi certains passagers ont tant ronflé, car ce que nous ne savions jusqu'alors pas, c'est que notre amis Mario avait emmené un fromage bien de chez nous, et que ce dernier se trouvait juste au-dessus d'eux, ne laissant à ces pauvres malheureux aucune autre alternative que de respirer par la bouche.

A 7h45 nous prenons notre correspondance pour Toulouse, où nous arrivons à 9h12. Là encore il nous faut patienter une heure environ avant notre prochain train, qui doit, lui, nous emmener à destination finale, c'est à dire Albi pour 11h14.

 

Vendredi 11.07.1997

Après 14h de voyage nous voilà donc enfin à Albi où Didier, qui était déjà sur place depuis quelques jours, et Pierre nous accueillent. En regardant le programme du séjour que Pierre nous remet lors de notre arrivée, nous comprenons que nous n'auront pas le temps de nous ennuyer et que le meilleur était à venir. Mais à ce moment là, aucun d'entre nous ne savait encore à quel point ce voyage serait riche en émotions et aventures.

 Arrivé à notre hôtel Le Capris vers midi, nous prenons possession des lieux avec les 3 chambres qui nous sont réservées, la première avec Materne, Eric et moi même, la deuxième avec Louis, Henry et Mario et enfin la troisième la plus belle, tout de rose tapissée et décorée, pour Denis.

Une fois nos affaires déposées, nous nous retrouvons tous au bar de l'hôtel pour un premier pastis, le climat étant très chaud et sec sous ces latitudes.Après un copieux déjeuner, Pierre nous invite à visiter le musé qu'il a ouvert non loin du centre du village. C'est en guide averti et passionné qu'il nous fait découvrir ce lieu entièrement dédié à la mine et aux mineurs, tant de la région, que du reste de la France et de certains pays d'Europe. C'est ici aussi que nous voyons une partie de sa collection de fluorines qui doit certainement faire plus d'un envieux dans la région

La visite terminée, nous allons chez Pierre qui habite à quelques centaines de mètres de là et nous nous changeons pour notre première sortie, qui renseignements pris devrait être riche en émotions. Nous nous engouffrons dans les deux voitures particulières qui ne devaient plus nous quitter pendant tout notre séjour, celle de Didier et de Jean-Claude, un ami de Pierre et fanatique lui aussi de minéralogie, nous prenons donc la direction de la mine de Pyrebrune, situé environ à 5 Km de Réalmont.

 

 
 

 
 

Sur place, nous nous rendons sur le site de l'ancienne usine, qui, rasée il y a moins de deux ans, ne compte aujourd'hui plus qu'une bâtisse en ruine, ancien laboratoire ou l'on peut encore ramasser des petits sacs contenant du minerais broyés.

Pour atteindre l'entrée de la mine nous devons traverser les anciens crassiers (Terrils) de la mine, réputés dangereux à certains endroits pour leurs sables mouvants, ainsi qu'une zone infestée de guêpes, mais heureusement pour nous, Mario avait pensé à emmener son fromage afin de tenir les petites bébêtes à l'écart.... Après un dernier petit effort, pour gravir un ancien mur d'enceinte et traverser une rivière en crue, nous voilà enfin devant l'entrée de la mine LE ROC.

  D'un commun accord il a été décidé que ce serait Mario qui entrerait le premier dans la mine et ouvrirait la voie avec Pierre en soutient. C'est ainsi que quelques minutes plus tard les premiers cris se firent entendre  Que se passait il ? Bientôt chacun d'entre nous allait le comprendre, excepté Louis et Henri qui avaient décidés de gratter à l'extérieur de la mine.

En fait avant de pouvoir accéder aux différents endroits de la mines, il y avait une première galerie de quelques dizaines de mètres de long à franchir, dans une eau à 10° qui nous arrivait jusqu'à la ceinture.

 L'obstacle franchi, la mine nous offrait alors quartz, malachite, fluorine qui, incrustés dans une roche dure restaient difficiles à extraire au marteau et burin.

De retour de la mine, nous remontons dans les véhicules pour nous rendre à la carrière de BESSAC. Toujours en exploitation, il nous suffisait de gratter un peu le sol et de retourner les rochers pour découvrir sidérite, dolomie, pyrite et chalcopyrite. Nous rejoignons notre hôtel vers 20h30 pour prendre une bonne douche et aller dîner. Le repas terminé nous retrouvons Pierre et les membres des clubs de: Jouy en Josas ,Saint Nazaire,Millau,Manosque,Montluçon, Toulouse ; Thouars ; Réalmont, dans un bar non loin du centre ou nous trinquons raisonnablement ensemble jusque vers minuit. 

 
 

Samedi 12.07.1997

Pour notre 2e journée dans le Tarn, nous nous rendons après le petit déjeuner à la mine de EMBOURNEGADE. Située à une quarantaine de kilomètres de Réalmont, et à 15 min à pied de l'endroit ou nous laissons nos véhicules, c'est ici que nous passerons tout le reste de la journée. Deux possibilités s'offrent à nous, soit aller taper le caillou à l'intérieur de la mine, soit gratter les anciens remblais de la mine. Nous optons tous, sauf Didier, pour la seconde. Choix judicieux, surtout pour Eric, puisqu'il trouvera la plus belle pièce de la journée, une fluorine tricolore de 20 cm sur une couche d'améthyste.

C'est aussi durant cette journée que Mario évitera le pire. Rendu attentif aux recommandations de Pierre concernant les vipères, quelle ne sera sa frayeur lorsque peu de temps après, retournant les rochers il verra passer à quelques centimètres de lui une longue masse noire et visqueuse, le pétrifiant de peur et stupeur. Pourtant, après avoir repris ses esprits, il dû bien se rendre à l'évidence, qu'il y avait eu erreur sur la personne. Le vilain et venimeux reptile n'était en fait qu'un inoffensif petit verre de terre, qui avait lui, certainement vraiment dû être effrayé en voyant la tête à Mario. De retour à l'hôtel vers 17h, nous prenons une agréable douche, avant une première petite visite à quelques pas de notre hôtel, de la salle où aura lieu la bourse. La soirée quand à elle sera relativement calme, si ce n'est le fou rire qu'il y eu durant l'apéritif. Nous prenions tranquillement tous notre apéritif, lorsqu'un de nous se faisant de plus en plus petit par rapport aux autres se retrouva bientôt les fesses par terre. Avait il trop bu ? Non, en fait sa chaise venait de céder, mais devinez un peu celle de qui? Nous étions 7, cela aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre nous, mais bizarrement ce fut Mario que le destin choisit…

 
 

 
 

Dimanche 13.07.1997

 Cette journée qui commença avec un petit tour au marché au puces du village, se déroula le reste du temps essentiellement à la bourse, entrecoupée d'échanges de minéraux avec certains particuliers et de pauses désaltérantes, très conseillées contre la déshydratation. Le soir, invité au verre de l'amitié offert par les organisateur de la bourse, chaque membre du groupe s'est vu offrir une bouteille de vin rouge spécialement estampillée pour l'occasion. C'est aussi durant le discourt du président du club qu'a été lancé l'idée d'organiser une semaine de la minéralogie à Réalmont avec la participation du plus grand nombre possible d'autres clubs de France. Suite au dîner, où était présent tous les exposants, membres des autres clubs, ainsi que le responsable de la revue Minéraux et Fossiles, nous avons assisté au superbe feu d'artifice donné pour le 14 juillet.

Lundi 14.07.1997

 En ce jour de fête nationale c'est à Trebass que nous passerons une bonne partie de la journée. Site de lavage et broyage minier situé à une quarantaine de kilomètres de Réalmont, nous y gratterons une demi-journée durant et en repartirons les sacs remplis de chalcopyrite massive, pyrite, quartz, fluorine et même un peu de cuivre gris.

En début d'après midi nous passerons le relais à notre chercheur d'or régional, Louis. Si les premières batées avec respectivement une et deux paillettes ne s'avèrent pas bien terrible, il n'en sera pas de même pour la troisième effectuée un peu en amont de la rivière du Dadou. En effet, avec un savoir faire digne des meilleurs orpailleurs d'or du Far West, Louis nous sortira en deux temps trois mouvements une batée avec pas moins de 6 paillettes.

De retour a l'hôtel nous prenons la direction de la salle de la bourse ou nous donnons un petit coup de main à son rangement. C'est aussi la qu'un collègue à Louis offrira à chacun d'entre nous une agate naturellement colorée. Un peu plus tard dans la soirée Pierre nous rejoindra au restaurant et nous échangerons ensemble nos impressions quant au déroulement de la bourse.

 
 

Mardi 15.07.1997

Pour cette dernière journée, nous nous rendons à la mine du PRUNIER dans la zone de Fraysse. Nous descendrons par des paliers interposés de labyrinthes de galeries, dans un puits d'environ 70 mètres. C'est ici que Materne qui l'espace d'un court instant avait pris sa main pour un burin et se la blessa. Bien que bien enflé , cet accident ne devait néanmoins pas trop handicaper notre baroudeur de la minéralogie, qui en avait vu bien d'autre durant ces multiples périples. Sorti de la mine en fin d'après midi nous nous rendons chez Pierre ou nous profitons pleinement de la piscine. Pour l'anecdote, Eric qui pendant l'apéritif me poussa dans le piscine mon verre de pastis à la main, fut étonné de voir ma tête sous l'eau le bras tendus poursauver le pastis, qui n'avait n'avait pas pris une goutte.

Invité le soir même chez Pierre pour un barbecue, cette soirée ne devait pourtant pas en rester là. Il est 22h50, lorsque méhari avec échelle de 12 mètres sur le toit en tête, nous prenons la direction de la mine des ROMAINS. Datant de 700 AV JC et d'une profondeur de 500 mètres cette mine qui passe sous la rivière du Dadou et qui trouve son nom dans la découverte d'une lampe à huile de l'époque romaine, était d'une grande richesse. Pour 12 tonnes de minerai extrait on y trouvait 1 tonne de plomb, contenant lkg d'argent pour 0,3 grammes d'or.

Arrivé sur place à 23h nous mettrons plus d'une heure pour placer l'échelle et atteindre un premier palier situé à plus de 10 mètres sous l'entrée de la mine. Puis encore 20 min pour atteindre un second palier situé lui aussi à environ 10 mètres en contre bas du premier.

 
  Arrivé à ce niveau un dernier petit passage délicat nous attendait. Il fallait pour accéder à une galerie supérieure utiliser une échelle déjà en place qui rouillée et rafistolée avec on ne sait quoi, ne tenait pour ainsi dire plus que par l'opération du saint esprit, et pour ceux qui en douteraient, demandez donc à Materne qu'elle impression cela fait lorsqu'on se trouve sur une échelle rouillée et que soudainement on sent un des barreaux se casser!. Il est presque 1 heure du matin lorsque la soirée marteau burin commence. Si les pièces de fluorine incrustées dans la roche sont telle que Pierre nous l'avait décrit, nous devons assez rapidement nous rendre à l'évidence, le matériel que nous utilisons ne convient pas et seul un matériel lourd permettrait de venir à bout de cette roche qui ne cède pas si facilement les trésor qu'elle recèle. Si la descente nous avait pris énormément de temps, la remontée elle allait s'effectuer en un peu plus de 20 min pour être de retour à l'hôtel vers 3h30 du matin.   
 

 

Mercredi 16.07.1997


Retour en Alsace

 

Après un réveil difficile pour certains, nous irons faire un tour au marché local pour faire le plein d'ail, très réputé dans ce coin de France. Un dernier petit déjeuner avec Pierre et sa femme puis direction la gare d'Albi. Vers 17h nous montons dans le train, laissant derrière nous Pierre et ses amis qui nous avaient offerts une semaine riche en émotion et aventure. Au-delà des minéraux, nous avions tous appris à un peu mieux nous connaître, et ce avec la compagnie de Pierre en prime. Encore un grand merci à lui tant pour l'accueil qu'il nous a offert, que pour l'organisation et sa disponibilité tout au long de notre séjour.

                                                                                                                                                                            T. Kryzanski

Retour